Lanzarote d’après Michel Houellebecq (fin)

Les attractions touristiques de Lanzarote sont peu nombreuses ; elles sont au nombre de deux. La première est constituée par le « jardin de Cactus ». Différents spécimens, choisis pour leur morphologie répugnante, sont disposés le long d’allées pavées de pierre volcanique. Gras et piquants, les cactus symbolisent parfaitement l’abjection de la vie végétale. En l’absence de pression sélective, ils développent sans complexe une grande variété de formes burlesques, propres à faire l’amusement des touristes. L’imitation des organes sexuels mâles produit toujours son petit effet chez les touristes italiennes.

 

La seconde attraction touristique de Lanzarote est plus étendue; elle constitue le clou du voyage. Il s’agit du Parque National de Timanfaya, situé à l’épicentre des éruptions volcaniques.

Dans le minibus affrété par l’hôtel, nous nous engageâmes sur une route parfaitement droite tracée au milieu d’un chaos pierreux. Devant nous s’étendait une plaine de rochers noirs aux découpes tranchantes ; il n’y avait pas une plante, pas un insecte. Les volcans barraient l’horizon de leurs pentes rouges, par endroit presque mauves. Le paysage n’avait pas été adouci, modelé par l’érosion ; il était d’une brutalité totale.

 

Les excursionnistes, répartis sur quelques mètres carrés de bitume, faisaient fonctionner leurs appareils photo. sensibles au ridicule qui émanait à leurs yeux, de leur présence commune sur un espace restreint, ils tentaient de se singulariser par le choix des cadrages.

Le point culminant de l’après-midi était constitué par un arrêt au mirador de Timanfaya. Tout commençait par une animation brève  conçue pour mettre en avant le caractère volcanique de l’environnement. Par une fissure s’ouvrant dans la terre, on introduisait des côtelettes ; elles ressortaient grillées. Il y eu des cris et des applaudissements. On pouvait faire l’acquisition de souvenirs, ou se rendre au restaurant pour y déguster une cuisine internationale. Pour tuer le temps, j’achetai un volcan porte-clefs à la boutique souvenirs.

 

 

 

« Vous avez passé une bonne journée? » attaquai-je avec décontraction. J’ai supposé que vous avez fait l’excursion.

-C’est exact. C’était nul; complètement nul. Aucun intérêt vraiment. Et maintenant j’ai fait toutes les excursions proposées par l’hôtel.

-Vous restez une semaine?

-Non, quinze jours » dit-il d’un ton accablé.

Effectivement il était dans de beaux draps.

 

Ces articles étaient sponsorisés par l’office du tourisme de Lanzarote!

Michel Houellebecq nous donne une vision pessimiste de Lanzarote. Il n’a sûrement pas vu les sites intéressants de l’île, en particulier ceux crées par César Manrique, peintre, architecte et sculpteur,  qui méritent le détour.  Mais c’est Michel Houellebecq!

3 réflexions

  1. Oui oui, on espère que vous aurez apprécié Lanzarote un petit peu plus que Houellebeck (sans faute d’orthographe, cette fois) !!! La dernière photo est volcanique à souhait 😉

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    • Oui, c’est une île très intéressante, on a beaucoup aimé.
      Michel Houellebecq a aussi finalement pu apprécier son séjour quand il a rencontré deux allemandes qui l’on réconforté sur une plage naturiste. Je passe les détails….(sexuels bien sûr)

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